Dévoilée à l’occasion des Geneva Watch Days, la dernière création de Breitling célèbre le centenaire de la naissance de Miles Davis avec la Navitimer B09 Chronograph 41 Tribute to Miles Davis. Limitée à 500 exemplaires, elle s’inspire directement de la référence 806 Mk5 du milieu des années 1960 que le musicien portait bien avant que les montres-outils ne deviennent de véritables objets de style.

Miles Davis maîtrisait l’art de ne garder que l’essentiel. Là où certains de ses contemporains remplissaient chaque mesure, lui faisait du silence et de l’espace des instruments à part entière. Une même exigence semblait guider le reste de son univers, de ses costumes italiens à ses voitures de sport, jusqu’à sa montre.

La Navitimer, elle, n’a jamais vraiment joué la carte de la discrétion. Sa règle à calcul circulaire concentre à elle seule davantage d’informations visuelles que bien des cadrans entiers. Pourtant, la référence 806 Mk5 de Davis parvenait à apaiser cette complexité. C’est précisément cet équilibre que Breitling cherche aujourd’hui à retrouver.

Son boîtier en acier de 41 mm reprend ainsi les dimensions du modèle porté par le trompettiste. Le cadran adopte une configuration reverse panda monochrome, avec rehaut et compteurs blancs, tandis qu’un Super-LumiNova couleur vieux radium apporte cette teinte crème particulièrement recherchée sur les pièces vintage. Autre détail fidèle à l’époque : le logo Twin Jet remplace l’emblème ailé de l’AOPA.

Créée en 1952 exclusivement pour l’Aircraft Owners and Pilots Association, la Navitimer était alors vendue directement aux membres de l’organisation. Le symbole Twin Jet apparaîtra par la suite sur les versions civiles commercialisées par Breitling. La Mk5 de Miles Davis fut d’ailleurs la première à associer ce logo à un cadran reverse panda.

À l’intérieur, Breitling revient également aux codes de l’époque avec le calibre Manufacture B09 à remontage manuel, clin d’œil à une période où les chronographes automatiques n’existaient pas encore. Composé de 244 éléments et battant à 4 Hz, il dispose d’une roue à colonnes, d’un embrayage vertical et d’environ 70 heures de réserve de marche. Certifié COSC, il est visible à travers un fond saphir gravé des mentions « One of 500 » et « Miles Davis Centennial ».

La montre se porte au choix sur un bracelet en veau brun dégradé coloré à la main ou, option sans doute la plus séduisante, sur le bracelet Air Racer revisité. Lancé dans les années 1960 puis porté notamment par Serge Gainsbourg jusque dans les années 1980, ce bracelet en acier inspiré de l’univers automobile conserve son dessin ajouré caractéristique, tout en gagnant en souplesse grâce à des maillons articulés près de la boucle.

Breitling va encore plus loin avec un coffret réunissant trois hommages à la 806 Mk5, proposés en acier, or jaune 18 carats et platine. Les deux premiers reprennent le traditionnel cadran reverse panda noir et blanc, tandis que la version en platine se distingue par un cadran bleu ponctué de compteurs blancs contrastants et d’une échelle extérieure assortie.

Le détail ultime se trouve peut-être dans l’écrin lui-même. Inspiré d’un étui à trompette traditionnel, il en reprend la poignée, les deux fermoirs et les coins renforcés. À l’intérieur, une doublure bleue fait référence à Kind of Blue, tandis qu’un disque bleu est intégré au couvercle et qu’une miniature de trompette rouge repose au-dessus des montres.

Un hommage qui ne cherche pas simplement à apposer le nom de Miles Davis sur une Navitimer, mais à retrouver les détails de la montre qu’il avait lui-même choisie et, à sa manière, faite sienne.