
Pendant longtemps, le raphia a vécu dans l’ombre. Associé aux paniers de marché, aux vacances méditerranéennes et aux accessoires de plage, il occupait une place modeste dans l’imaginaire de la mode. Aujourd’hui, Polène lui offre un tout autre destin. Pour l’été 2026, la maison française dévoile ses nouvelles Raffia Editions, une collection qui transforme cette fibre végétale en véritable objet de désir. Ni folklorique, ni ostentatoire, l’exercice séduit justement par sa retenue. Le raphia n’est pas ici un simple détail décoratif, il devient la matière principale d’un récit où l’artisanat, le voyage et la précision du geste occupent le premier rôle.
Au cœur de cette histoire se trouve Madagascar. C’est sur cette île que sont produites les fibres utilisées par la maison parisienne, puis travaillées selon des techniques de crochet héritées d’un savoir-faire ancestral. Chaque modèle révèle un jeu de textures minutieusement construit, où les points se succèdent comme les mailles d’une architecture souple. Les coutures réalisées à la main relient ensuite le cuir au raphia avec une précision presque invisible.
Polène applique cette approche à plusieurs de ses silhouettes emblématiques. Les modèles Cyme et Cyme Mini se parent d’un tressage dense et sculptural, tandis que le Numéro Dix revisite son célèbre rabat demi-lune grâce à un travail de crochet au point de riz. L’ensemble conserve les lignes épurées qui ont fait le succès de la marque tout en introduisant une dimension plus organique, presque instinctive.
Deux nouvelles teintes accompagnent cette collection. Laurel, un vert sourd évoquant une végétation chauffée par le soleil, et Ebony, un brun profond qui rappelle la terre humide après la pluie. Bien plus qu’un simple choix chromatique, ces nuances ancrent la collection dans son récit, celui d’un savoir-faire né au cœur des paysages malgaches.








