
À 51 étages au-dessus de Dubaï, là où la ville commence à se faire abstraite et où le bruit s’efface au profit de la géométrie et de la lumière, Bar des Prés s’impose avec discrétion. Plutôt que de rechercher l’échelle ou les superlatifs, l’export parisien du chef Cyril Lignac séduit, assiette après assiette, vue après vue. Perché au sommet de l’ICD Brookfield Place et profondément ancré dans un esprit franco-japonais, Bar des Prés évolue dans l’espace entre précision et plaisir, où la technique japonaise affine l’indulgence française et où chaque détail semble pensé, jamais ostentatoire.
On vient pour la cuisine, certes, mais une grande partie de l’expérience réside dans le design. Les baies vitrées du sol au plafond invitent la ville à entrer dans le restaurant, offrant des vues spectaculaires qui s’étendent des courbes douces de la mosquée de Jumeirah à la silhouette emblématique des Emirates Towers. Le jour, la lumière inonde la salle de son énergie ; la nuit, Dubaï devient constellation et sublime le rituel du repas. Signés par Lázaro Rosa-Violán, les intérieurs rappellent le lieu originel parisien tout en parlant avec fluidité le dialecte de Dubaï. Les tables en marbre jaune moutarde, les tissus brodés de paon et les lignes sinueuses évoquent l’élégance de la Rive Gauche, tandis que le bambou, le rotin et les touches de cuivre apportent une discrète retenue asiatique. Un bleu signature ancre l’espace, frais et posé, laissant le skyline raconter sa propre histoire.
Au centre de la salle trône le Sushi Counter, un comptoir de dix places qui offre une place au premier rang de la philosophie du restaurant. Ici, l’artisanat fait partie de l’expérience, mais jamais de manière théâtrale. Les couteaux s’animent avec intention, le riz est traité avec révérence, et chaque geste a une raison d’être. Derrière lui, la salle principale propose un menu qui privilégie l’équilibre à l’esbroufe. N’attendez ni superflu ni excès pour l’effet. Ici, précision, retenue et confiance dans la technique dictent le rythme.
On retrouve la légèreté et la finesse du nigiri et des sashimis, aux côtés de créations inspirées de la cuisine française telles que le tartare de wagyu truffé, le bar délicatement laqué au miso, ou une interprétation ludique du boeuf bourguignon classique au dashi japonais. Les entrées, comme le ceviche infusé au yuzu ou la tempura d’uni délicate, donnent le ton, tandis que les desserts, du crème brûlée au matcha aux macarons à la pistache, concluent le repas sur une douceur persistante. Que ce soit pour un déjeuner d’affaires baigné de soleil, un martini au moment doré, ou un dîner tardif au-dessus des lumières de la ville, Bar des Prés rappelle que les saveurs doivent, en toute occasion, se déployer comme une conversation.











