Depuis le tout début de sa carrière, Lenny Kravitz cultive une singularité qui n’appartient qu’à lui. Musicien, producteur, designer et créatif insatiable, l’artiste américain a toujours suivi sa propre voie, sans jamais céder aux tendances. Une philosophie qui fait écho à celle de Jaeger-LeCoultre, Maison horlogère dont l’audace créative et la quête permanente d’excellence traversent les générations. Notre rencontre s’inscrit dans le cadre de The Hour Before, une initiative de Jaeger-LeCoultre dédiée à ces moments de création, de réflexion et de préparation qui précèdent les grands accomplissements. C’est dans cet esprit, entre musique, inspiration et rapport au temps, que l’artiste s’est confié à Eyes Magazine.

Votre dernier album Blue Electric Light dégage une énergie particulièrement positive. Avec le recul de la tournée, certaines chansons ont-elles pris une nouvelle dimension sur scène ?

Absolument. Les chansons évoluent constamment au fil des concerts. Même lorsque nous les interprétons au plus près de leur version originale, elles continuent à grandir et à se transformer. Ce qui me touche particulièrement, c’est l’accueil du public. Ce n’est jamais évident d’introduire de nouveaux morceaux lorsque les spectateurs attendent avant tout les classiques. Pourtant, les chansons de Blue Electric Light ont été adoptées avec beaucoup d’enthousiasme. Aujourd’hui, elles font pleinement partie du répertoire et c’est quelque chose dont je suis extrêmement reconnaissant.

Sur scène, vous rassemblez aujourd’hui plusieurs générations. Comment vivez-vous cette évolution constante de votre public ?

C’est une expérience merveilleuse. Depuis le début de cette tournée, j’ai remarqué que le public se rajeunissait de plus en plus. Certains découvrent ma musique par euxmêmes, d’autres grâce à leurs parents. Cela me rappelle ma propre découverte de David Bowie lorsque j’étais jeune. J’ai commencé par assister à un concert, puis j’ai exploré toute son oeuvre. Voir aujourd’hui des personnes de 7 à 70 ans partager la même énergie lors d’un concert est un véritable privilège.

Vous décrivez souvent la créativité comme une vague à attraper. Peut-on provoquer ce moment d’inspiration ou faut-il simplement attendre qu’il se présente ?

Pour ma part, je préfère attendre. L’inspiration arrive quand elle le décide. Parfois au milieu de la nuit, parfois à un moment totalement inattendu. Lorsque cette idée apparaît, le voyage commence. Ensuite, il faut réussir à capturer ce que l’on entend dans sa tête et le transformer en quelque chose de concret. C’est un processus à la fois mystérieux et extrêmement excitant.

The Hour Before explore ces moments invisibles qui précèdent les grands tournants. Vous souvenez-vous d’un instant particulier qui a changé le cours de votre trajectoire ?

Je vois plutôt cela comme un processus permanent. « L’heure avant », c’est cet instant où l’on ignore encore ce qui va arriver. En apparence, rien ne se passe, mais en réalité tout est déjà en mouvement. C’est un moment presque magique, difficile à décrire, où l’énergie se prépare avant de se révéler. Pour moi, cette sensation accompagne constamment le processus créatif.

Vous êtes ambassadeur de Jaeger-LeCoultre depuis plusieurs années. Qu’est-ce qui, dans l’esprit de la Maison, résonne le plus avec votre approche de la création et votre style personnel ?

J’adore l’histoire de la Maison et son héritage. J’aime aussi énormément ses créations, qui sont à la fois discrètes et dynamiques. Elles ne cherchent jamais à être ostentatoires, mais possèdent une élégance naturelle très forte. Au-delà des montres, j’apprécie profondément les personnes avec lesquelles je collabore. Chaque projet est une véritable expérience créative et humaine. Cette dimension collaborative rend le partenariat particulièrement enrichissant.

Une montre fait souvent partie intégrante d’une identité personnelle. Quel rôle joue-t-elle dans votre manière d’exprimer votre style aujourd’hui, et comment les pièces Jaeger-LeCoultre s’inscrivent-elles dans cet univers ?

La Reverso est probablement mon modèle préféré. Je suis Gémeaux et, depuis toujours, on me dit que j’ai deux facettes distinctes. La Reverso reflète parfaitement cette dualité grâce à ses deux visages et ses deux identités. Elle permet d’exprimer différentes facettes de soi selon les moments. Cette philosophie correspond parfaitement à ma personnalité et à ma sensibilité esthétique.

Comment choisissez-vous une montre ? Est-ce un choix instinctif, lié à votre humeur du moment, ou davantage une question de design et d’affinité personnelle ?

C’est avant tout une question d’instinct. Comme lorsqu’on choisit une guitare, un vêtement ou un objet qui nous accompagne au quotidien. On est attiré par une forme, des lignes, une présence particulière. Bien sûr, l’humeur du moment peut influencer le choix final, mais il faut d’abord qu’il existe une connexion naturelle avec l’objet. C’est quelque chose de très personnel.

L’horlogerie est un art de la précision et de la patience. Voyez-vous des parallèles entre ce savoir-faire et votre propre processus créatif ?

Absolument. Je réalise ma musique de manière très artisanale. Je joue les instruments, j’écris, je produis et j’orchestre mes morceaux. Tout cela demande énormément de précision, de technique et de patience. À bien des égards, le travail d’un musicien et celui d’un horloger reposent sur les mêmes exigences : le souci du détail, la maîtrise du geste et la recherche permanente de l’excellence.