La maison italienne Zegna n’a jamais considéré l’héritage comme une relique à conserver sous verre. Il s’agit d’une matière vivante, façonnée et transmise. Dévoilée en février, Memorie est une nouvelle collection de parfums qui traduit plus d’un siècle de vision en fragrances reflétant l’expérience vécue de la marque. Baptisée d’après le mot italien signifiant « souvenirs », la collection réinterprète des fragments du passé d’Ermenegildo Zegna, la discipline du travail quotidien, l’intimité de la pensée, la force enracinante de la nature et l’ambition de regarder au-delà de l’horizon.

La collection puise ses origines en 1910, lorsque Ermenegildo Zegna fonde sa filature de laine à Trivero, dans les Alpes italiennes. Dès cet instant naît une philosophie plaçant savoir-faire et responsabilité en dialogue avec le paysage. Cette conviction donnera plus tard naissance à Oasi Zegna, vaste territoire alpin entourant la manufacture, et continue aujourd’hui d’orienter l’approche de la maison en matière de luxe contemporain. Plutôt que d’exister comme des expressions isolées, Memorie se déploie en un récit en six chapitres, révélé selon une séquence précise et intentionnelle. Ensemble, les fragrances épousent le rythme d’une vie en mouvement, de la solitude à l’ampleur, de la création à la contemplation.

Le voyage s’ouvre avec Vol. I, Il Calamaio, signé Dominique Ropion. Situé à l’aube, il imagine Ermenegildo Zegna assis dans son bureau dominant le Lanificio. Encre sur papier, carnets reliés de cuir, bois poli. Cette composition ambrée et cuirée, construite autour d’un accord d’encre, d’absolue de rose turque et d’oud, saisit l’origine de la création, l’instant où l’imagination devient intention.
Vol. II, Il Lanificio, créé par Fabrice Pellegrin, nous plonge au cœur même de la filature. Fibres brutes, chaleur des machines, rythme constant des mains humaines. Vanille Tahitensis, daim et bois de santal évoquent la matière transformée par le geste artisanal, où nature et industrie coexistent en équilibre.

Avec Vol. III, A Trivero, Quentin Bisch introduit le mouvement. L’odeur familière de l’essence dans un garage, une Lancia Aurelia qui démarre, l’air alpin vif s’engouffrant par une fenêtre ouverte. Lavande, rose damascena et myrrhe composent une fougère aromatique capturant l’élan de quitter le foyer pour embrasser le monde.
La nature occupe le devant de la scène dans Vol. IV, Il Sottobosco, inspiré par le sol forestier après la pluie dans l’Oasi Zegna. Terreux, humide, apaisant, il évoque ces instants où la vision se clarifie dans l’immobilité.

Vol. V, La Panoramica, suit la route de montagne sculptée dans les Alpes, vaste et lumineuse, façonnée patiemment au fil du temps. Une fragrance d’ouverture et de perspective, où le paysage devient philosophie.

Le récit s’achève avec Vol. VI, Saga del Piemonte, un parfum du soir où la mémoire se mue en héritage. Chaleureux, introspectif et intime, il évoque les histoires partagées à la nuit tombée, l’expérience distillée et transmise.